À LA UNE : APMF – Démantèlement d’un réseau de faux diplômes, 11 personnes placées sous mandat de dépôt

À LA UNE : APMF – Démantèlement d’un réseau de faux diplômes, 11 personnes placées sous mandat de dépôt

Le Bureau Indépendant Anti-Corruption a mis au jour un réseau organisé impliqué dans des faits présumés de fraude documentaire au sein de l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale (APMF), à la suite d’une saisine relative à des agissements de certains membres du personnel.

L’affaire trouve son origine dans une enquête menée en 2025 par les investigateurs du BIANCO, consécutive à la découverte de l’utilisation des faux diplômes par un responsable de l’APMF. Cette situation a conduit à l’extension des investigations à d’autres diplômes supposément délivrés par le même établissement universitaire, jugé suspect. Ces vérifications ont permis d’identifier dix autres diplômes présumés faux.

Les investigations ont révélé que les personnes mises en cause, en concurrence avec des agents intègres, se seraient procuré de faux diplômes dans le but d’accéder à des postes plus avantageux ou de bénéficier d’un reclassement indiciaire au sein de la fonction publique. À cet effet, elles auraient eu recours à un responsable d’un établissement d’enseignement supérieur privé, qui leur aurait fourni de faux diplômes de niveau Licence et Master, ainsi qu’une fausse liste d’homologation. Ce document, requis dans le cadre des demandes d’équivalence auprès du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique, aurait été utilisé avec la complicité présumée de certains agents dudit ministère. Les pièces falsifiées ont ensuite été versées dans les dossiers administratifs des intéressés en vue d’obtenir des avantages professionnels indus, notamment des promotions internes et des revalorisations salariales. Le préjudice financier, résultant du paiement de rémunérations et accessoires indus, est estimé à plus de 160 millions d’ariary, au détriment de l’APMF et, par extension, de l’État.

Treize personnes, composées de dix agents de l’APMF, d’un responsable de l’établissement universitaire concerné et de deux agents du Ministère de la Fonction Publique, ont été présentées devant le Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo le 29 avril 2026. À l’issue de l’enquête au fond, onze d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’Antanimora, dans l’attente de leur jugement.

Cette affaire met en lumière l’existence de pratiques frauduleuses visant à détourner les mécanismes de gestion des carrières dans le secteur public, au détriment des principes d’équité, de mérite et de transparence. Elle illustre également la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle et de vérification des diplômes dans les procédures administratives. Le BIANCO poursuit activement ses actions de lutte contre les fraudes liées à l’utilisation de faux diplômes dans le secteur public, notamment à travers des initiatives ciblées et des partenariats institutionnels visant à renforcer les mécanismes de vérification et de prévention.