Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) : trois jours d’examen stratégique pour renforcer la lutte contre la corruption à Madagascar

Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) : trois jours d’examen stratégique pour renforcer la lutte contre la corruption à Madagascar

Antananarivo, du 30 juin 2026 – Madagascar accueille, du 30 juin au 2 juillet 2026, la visite-pays des experts examinateurs mandatés par les États parties examinateurs, Djibouti et la Tanzanie, dans le cadre du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Cette mission constitue une étape essentielle du processus d’évaluation par les pairs visant à apprécier la mise en œuvre par Madagascar des dispositions de la Convention relatives aux mesures préventives (Chapitre II) et au recouvrement des avoirs (Chapitre V).

Pendant trois jours, les acteurs nationaux de la lutte contre la corruption, conduits par les co-points focaux du processus, à savoir le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) et le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO), prendront part aux échanges avec les experts examinateurs, avec l’appui technique de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Les discussions porteront de manière approfondie sur des thématiques stratégiques au cœur de la gouvernance publique, de la transparence institutionnelle et du développement durable de Madagascar.

Concernant le Chapitre II, l’évaluation met en évidence les progrès réalisés par Madagascar dans le renforcement de son dispositif national de lutte contre la corruption, à travers la consolidation des organes du Système Anti-corruption (SAC), l’adoption de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (SNLCC) 2025–2030 ainsi que le déploiement progressif des Politiques Internes de Lutte Contre la Corruption (PILCC) au sein des ministères. Les échanges porteront notamment sur le renforcement des mécanismes de prévention, notamment dans les secteurs sensibles tels que le foncier, les marchés publics, les douanes, les services de sécurité, la justice et la gestion des ressources naturelles. Toutefois, en dépit de ces avancées, les évaluateurs essaieront d’identifier les écarts de mise en œuvre au regard des exigences de la Convention. Ceux-ci concernent notamment des dispositions partiellement appliquées ou non encore transposées, des mesures existantes mais insuffisamment mises en œuvre, ainsi que certaines incohérences entre les textes juridiques et la pratique institutionnelle.

S’agissant du Chapitre V, l’évaluation soulignera les avancées de Madagascar en matière de recouvrement des avoirs illicites, notamment à travers l’opérationnalisation progressive de l’Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites (ARAI), le renforcement des Pôles Anti-Corruption (PAC) et des mécanismes de coopération judiciaire et financière. Les experts examineront les capacités de traçabilité des flux financiers, ainsi que sur les délais et obstacles liés aux procédures de gel, de saisie et de confiscation. Ils aborderont également le niveau de coopération internationale en matière d’entraide judiciaire, d’extradition et de partage d’informations. Enfin, ils traiteront des cas de restitution des avoirs ainsi que de la coordination entre les institutions nationales concernées, notamment les juridictions compétentes, l’ARAI et les services spécialisés.

« Cette évaluation doit être perçue comme une opportunité stratégique pour accélérer les réformes structurelles. Elle offre à Madagascar l’occasion de renforcer son cadre normatif, d’améliorer la coordination interinstitutionnelle, de consolider les mécanismes de transparence et d’accroître l’efficacité des dispositifs de lutte contre la corruption. Elle s’inscrit dans le prolongement du premier cycle d’examen réalisé en 2015, marquant ainsi la continuité du processus d’évaluation de la conformité du pays aux engagements internationaux en matière de lutte contre la corruption (…) Dans un contexte de refondation, cette évaluation constitue un indicateur de la capacité de l’État à faire respecter le principe d’égalité devant la loi, à renforcer la confiance entre institutions et citoyens, et à garantir une gestion intègre des ressources publiques. » soulignent les points-focaux.

Notons que cette évaluation représente un enjeu majeur pour Madagascar.  Elle conditionne la refondation de la gouvernance et de l’État de droit, garantit la sauvegarde des finances publiques et des ressources stratégiques, tout en validant la capacité de l'État à s'unir efficacement aux réseaux mondiaux pour éradiquer les flux illicites.