À LA UNE : Chrome de Brieville : Rapatriement de 4,75 millions USD vers Madagascar dans le cadre d’une enquête anti-corruption
Le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) annonce le rapatriement effectif d’un montant d’environ 4,75 millions de dollars américains vers Madagascar, somme présumée issue d’opérations illicites identifiées dans le cadre de l’enquête relative à l’exploitation du gisement de chrome de Brieville.
Contexte de l’affaire
Cette opération s’inscrit dans le prolongement de l’enquête portant sur les négociations engagées en 2023 pour l’exploitation du site, impliquant la société d’État KRAOMITA Malagasy S.A. (KRAOMA) et la société étrangère DANA MINERALS CORPORATION. La procédure d’enquête a été transmise au Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo le 18 février 2026.
Les investigations avaient notamment mis en évidence l’exigence d’un montant de 35 millions USD, présenté comme un « droit d’entrée » pour l’attribution du contrat d’exploitation ainsi que comme une indemnisation de l’investisseur précédent. Une première tranche de 5 millions USD avait été transférée sur un compte offshore domicilié à Maurice, en dehors des circuits officiels de la société d’État.
Procédure de rapatriement des fonds
À la suite de la détection de ces flux financiers suspects, le BIANCO, en collaboration avec le Pôle Anti-Corruption, a engagé dès janvier 2026 les procédures judiciaires nécessaires en vue du rapatriement des avoirs présumés illicites, conformément aux orientations de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption et à la politique de recouvrement des avoirs de l’État. Après plusieurs démarches impliquant des mécanismes de coopération judiciaire entre les juridictions concernées, ces procédures ont abouti, le 27 mars 2026, au transfert effectif de la somme d’environ 4,75 millions USD sur le territoire national. Les fonds ainsi récupérés seront pris en charge par l’Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites (ARAI), conformément aux dispositions légales en vigueur.
Cette opération de rapatriement illustre la mobilisation coordonnée des acteurs du dispositif national de lutte contre la corruption, visant à assurer le recouvrement effectif des avoirs issus de pratiques illicites et à préserver les intérêts économiques de l’État.
Dans le cadre de cette affaire, il faut mentionner que des suspects ont été présentés devant le Pôle Anti-Corruption le 05 mars 2026. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire à la Maison centrale d’Antanimora, tandis que deux autres se trouveraient actuellement à l’étranger. Un mandat d’arrêt international a également été émis à l’encontre d’un opérateur économique identifié dans le cadre de l’enquête.